Le Parlement européen a adopté aujourd’hui un rapport d’initiative sur « la souveraineté technologique européenne et les infrastructures numériques ».
Initialement désignée rapporteure sur ce dossier, Sarah Knafo n’a finalement laissé aucune empreinte sur le texte adopté. Grâce au travail conjoint des groupes pro-Européens – S&D, PPE, Renew et Verts – le rapport a été entièrement réécrit. Pour notre délégation, il était inconcevable d’abandonner un enjeu aussi stratégique que la souveraineté technologique européenne à l’extrême droite et à Reconquête.
À cet égard, la délégation française s’étonne de l’hypocrisie de l’extrême droite, qui tente aujourd’hui, par une communication mensongère, de s’approprier les lauriers de l’adoption de ce rapport, alors même qu’elle en a été politiquement exclue tout au long du processus de rédaction.
Plusieurs passages du texte les mettent d’ailleurs directement en cause, dont Reconquête, accusé de relayer un narratif affaiblissant délibérément la législation numérique de l’Union et ses principes. Le rapport que Madame Knafo revendique sien « dénonce le soutien offert par certains partis politiques – tels que l’AfD, Reconquête, le Fidesz ou Konfederacja – qui relaient des discours émanant de l’extérieur de l’Union et affaiblissent la législation numérique et les valeurs démocratiques de l’Union européenne ». Loin de réussir une quelconque « union des droites », ce dossier démontre au contraire l’incapacité de l’extrême droite à peser sur l’échiquier politique européen lorsque les forces pro-démocratiques font front commun.
Par ce rapport, nous affirmons que la souveraineté technologique doit être pensée comme un objectif à la fois stratégique et économique, au service de la compétitivité et de la capacité d’innovation de l’Union. Elle repose sur un effort d’investissement européen massif et coordonné dans les technologies et infrastructures critiques et d’avenir – fibre, cloud, espace, intelligence artificielle, semi-conducteurs, cybersécurité, câbles, quantique – afin de réduire nos dépendances stratégiques. Elle suppose également la mise en place d’une stratégie renforcée de sécurité et de résilience, capable de répondre aux risques de sabotage, de cyberattaques et aux effets de l’extraterritorialité des législations étrangères sur les données européennes.
Dans un moment aussi critique pour l’Union européenne, confrontée aux prédations russes, chinoises ou même américaines, nous réaffirmons à travers ce texte notre engagement de campagne : seule la souveraineté européenne est à même de garantir durablement la liberté des citoyens.
