Journée mondiale de lutte contre le cancer : on connaît les causes. On peut agir.

Il y a des dates qui ne sont pas des commémorations, mais des rappels à l’ordre. Le 4 février, Journée mondiale de lutte contre le cancer, en fait partie. Une journée où l’on pense, d’abord, aux visages. A celles et ceux qui attendent un résultat. A celles et ceux qui encaissent un diagnostic. Aux proches qui tiennent, comme ils peuvent. Aux soignants qui font bloc, jour après jour, dans cette chaîne humaine qui refuse de céder.

Et puis, il y a la deuxième pensée. Celle qui dérange. Celle qui oblige. Car lutter contre le cancer, ce n’est pas seulement mieux guérir. C’est aussi empêcher la maladie de frapper, en regardant les causes en face : nos lieux de vie, notre air, notre eau, nos produits du quotidien, nos conditions de travail, nos inégalités.

Le Parlement européen a débattu lundi et voté aujourd’hui ses recommandations pour renforcer l’action de l’Union contre le cancer. Un vote attendu, parce que l’urgence est là : en 2024, environ 2,7 millions de personnes ont reçu un diagnostic de cancer dans l’UE et quelque 1,27 million en sont décédées. Ces chiffres ne sont pas des statistiques : ce sont des vies, des familles, des parcours brisés ou bouleversés.

L’Union européenne agit déjà : prévention, dépistage, diagnostic, traitement, mais aussi qualité de vie des patients, des survivants et des aidants. L’objectif est clair : faire mieux, partout, pour toutes et tous, et ne plus accepter que l’accès aux soins ou aux traitements dépende du pays, du code postal, du revenu.

Mais une chose manque encore trop souvent : le courage de nommer les causes, et le courage d’en tirer des décisions politiques. Pourtant, nous le savons : les pollutions, les substances dangereuses, les expositions répétées, même à petites doses, produisent des effets cumulés, des effets cocktail, qui frappent trop d’Européens.

La bataille essentielle, celle qui change réellement le destin, s’appelle la prévention. Une prévention ambitieuse, européenne, qui traite enfin les causes au lieu de gérer les conséquences.

Et au cœur de cette prévention, il y a un combat que l’Europe connaît par cœur, mais qu’elle repousse trop souvent : le combat contre le tabac, qui reste l’un des principaux facteurs de cancers. 

Ce que nous demandons est simple et exigeant :

– Mettre la prévention au centre, avec une action européenne plus ferme contre les pollutions et les substances dangereuses, et une politique de santé ancrée dans la vie réelle des gens.

– Faire reculer le tabagisme, en protégeant en priorité les jeunes des stratégies d’addiction, y compris via les nouveaux produits.

– Garantir un accès égal aux soins et aux traitements dans toute l’Union, sans frontières de santé.

– Sécuriser l’approvisionnement en médicaments essentiels, pour que plus aucun patient ne paye le prix des pénuries.

Le cancer prospère sur le déni et sur la résignation. L’Europe doit choisir l’inverse : la lucidité et l’action. Parce que dire « on ne sait pas » quand on sait, ce n’est pas de l’ignorance. C’est une démission.

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