La Commission ENVI s’oppose à l’augmentation des limites de résidus de pesticides pour la substance PFAS et toxique pour les abeilles, le flupyradifurone.

La commission de l’environnement, du climat, et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen a adopté une objection à une proposition de la Commission européenne visant à relever les limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour la flupyradifurone dans le colza, de 0,3 mg/kg à 0,4 mg/kg à la demande de son fabriquant Bayer. L’objection a été déposé par le député européen S&D Christophe Clergeau et cosignée par des membres des groupes Renew, Verts/ALE et The Left.

La Commission veut relever la barre alors que tous les éléments de preuve pointent dans la direction opposée.

La flupyradifurone agit sur le système nerveux des abeilles de la même manière que les insecticides néonicotinoïdes, qui sont interdits dans l’UE en raison des dommages qu’ils causent aux pollinisateurs. De nouvelles preuves recueillies depuis l’approbation de la substance en 2015 ont renforcé les arguments à son encontre:

  • En 2022, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé qu’il était très peu probable que l’évaluation actuelle des risques pour les pollinisateurs soit suffisamment protectrice pour les abeilles solitaires.
  • Cela a incité la Commission à ouvrir un réexamen formel de l’approbation de la substance au titre de l’article 21 du règlement sur les pesticides, la Grèce faisant office d’État membre rapporteur.
  • L’évaluation de la Grèce a conclu qu’il n’existe pas de scénario d’atténuation des risques qui rendrait l’utilisation en plein champ de la flupyradifurone acceptable.
  • La littérature scientifique montre en outre que les substances de type néonicotinoïde traversent la barrière placentaire et interagissent avec les neurones fœtaux.

Outre le risque pour les pollinisateurs, la flupyradifurone et ses produits de dégradation répondent à la définition chimique des PFAS, aussi appelés « polluants éternels », qui résistent à la dégradation et persistent dans l’environnement.

Les députés demandent à la Commission :

  1. De ne pas augmenter les LMR pour le flupyradifurone tant que l’évaluation au titre de l’article 21 est toujours en cours ;
  2. D’Accélérer d’urgence cet évaluation, plutôt que d’attendre jusqu’en juin 2029, à la lumière des nouveaux éléments de preuve sur la toxicité pour les abeilles, des conclusions du rapport de la Grèce et du statut de la substance PFAS.

Christophe Clergeau, député européen (S&D):

«Il est tout simplement inacceptable que la Commission propose de relever les limites de résidus de flupyradifurone au moment même où son propre processus scientifique nous dit que cette substance est dangereuse. Nous avons l’avertissement de l’EFSA sur les abeilles, nous avons la propre évaluation de la Grèce selon laquelle il n’existe aucun moyen sûr d’utiliser ce produit en plein champ, et nous savons qu’il s’agit d’un PFAS. Relever le seuil maintenant, avant même que l’évaluation des risques ne soit terminée, envoie le mauvais signal. Le vote d’aujourd’hui est la preuve qu’il y a toujours une majorité pour défendre la biodiversité et notre santé. La Commission doit réagir. »

Le vote en plénière aura lieu à Strasbourg durant la session plénière de la semaine prochaine. 

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